04/07/2009

Charles Maurras : La Musique intérieure – Dernière ballade ou jeu-parti de l’âme illuminée.../Vers l’idylle tragique

DERNIÈRE BALLADE OU JEU-PARTI DE L'AME ILLUMINÉE

GUIDANT L'AME AMOUREUSE A LA VRAIE SOURCE DE LA JOIE

 

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...al ciel ch' è pura luce

Luce intellectual piena d'amore

Amor di vero ben pien de letizia

Letizia che trascende ogni dolzore

DANTE, Par., 30

-Entends tomber les vaines heures,

Dans le palais de sable amer :

Toutes les choses qui se meurent

Ont, ô mon Âme, assez souffert !

 

Laisse s'éteindre sous la mer

Dont le tumulte, au loin, flamboie

Les yeux de Celle que tu sers...

- Où sont les sources de la Joie ?

 

- Laisse à la foule qui les pleure

Ces joyaux tristes de la chair,

O toi qui sais quel est le leurre

Secret de leurs sombres éclairs


Et qu'à peindre le champ de l'air

De fin or blond, de claire soie,

Les cruels t'ont le cœur ouvert !

-Où sont les sources de la Joie ?

 

-Mais, ô lumière intérieure,

Âme de l'Âme, rayon vert

Qui, pour un temps, fîtes demeure

Au fond de ces beaux yeux déserts :

 

Vous qui brûliez encore hier

Et que le monde enfin renvoie,

Purifiés, des anciens fers...

-Où sont les sources de la Joie ?

 

ENVOI

-...Yeux de Psyché, pâles et clairs,

Vrais yeux, qu'un jour je vous revoie,

Unique étoile, au bel éther

Où sont les sources de la Joie !

 

1893

 

VERS L'IDYLLE TRAGIQUE

 

Comme ils s'empourprent et pâlissent,

Nos soirs, Psyché, comme ils s'en vont

Réduire en cendres nos délices

Loin des hauts lieux où nous rêvons !

 

La sombre Nuit serre sa voûte,

Nos cœurs gonflés sont si puissants

Que le désir embrase toutes

Les étoiles de notre sang

 

Et, flamme unique, nous ne sommes

Plus toi ni moi, mais ce démon,

Fureur et deuil des pauvres hommes :

Chère Psyché, nous nous aimons.

 

Charles Maurras, La Musique intérieure, Grasset, Paris, 1925

Communiqué de presse d'Alexandre Simonnot

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COMMUNIQUE DE PRESSE D’ALEXANDRE SIMONNOT

Conseiller Municipal de Taverny

Membre du Comité Central du Front National

 

Casse à Argenteuil : où sont passées les promesses de Sarkozy ?


Un casse à la voiture-bélier a eu lieu hier à la Société Générale d’Argenteuil en plein après-midi. 80 000€ ont été dérobés.

C’est précisément à deux pas de cette banque que Nicolas SARKOZY, alors Ministre de l’Intérieur, avait promis aux Français de débarrasser les banlieues de la « racaille »

Où sont passées les promesses du candidat Sarkozy ? Où sont passés les engagements solennels qu’il avait pris ?

Rien n’a changé dans les banlieues. Tout va de mal en pis. Nicolas SARKOZY n’a strictement rien fait pour endiguer le fléau de l’insécurité.

En réalité, les promesses électorales de Nicolas SARKOZY ne visaient pas à vider les banlieues de la « racaille », elles visaient à vider le Front National de ses électeurs.


06.62.34.28.19 simonnot.fn@gmail.com

 

Comme un petit arrière-goût de pourriture : le sénateur UMP Jean Faure acquitté lors de son procès pour viol sur mineure de moins de 15 ans

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Vendredi, l'avocat général avait requis une peine allant de six à huit ans d'emprisonnement contre l'élu UMP de l'Isère.

Au terme de cinq heures et demie de délibérations, le sénateur UMP Jean Faure a été acquitté samedi peu après minuit. Interrogé sur France Info, l'intéressé s'est dit «fier d'être en France». «C'est l'attente qui est difficile et la suspicion éventuelle», a-t-il ajouté. La victime présumée, qui a refusé de s'exprimer, s'est quant à elle effondrée en larmes à l'annonce du verdict.

Vendredi après-midi, l'avocat général Jean-Claude Kross avait requis six à huit ans d'emprisonnement à l'encontre de l'élu de l'Isère, accusé d'avoir violé la fille de son ancienne maîtresse, alors qu'elle avait entre 6 et 11 ans, à plusieurs reprises. Jean Faure.jpg

La plaignante, aujourd'hui âgée de 28 ans, a déclaré qu'entre 1986 et 1991, Jean Faure, alors sénateur-maire d'Autrans et amant de sa mère, lui aurait imposé des fellations et aurait commis des attouchements sur elle. Les faits se seraient déroulés dans un studio du VIe arrondissement de Paris - que l'homme politique louait pour la mère de la jeune fille - mais également de façon répétée dans un chalet de Courchevel, en Savoie et chez la grand-mère de la fillette, dans l'Eure.

«C'est parole contre parole»

Pendant de nombreuses années, la jeune fille a gardé le silence. Mais elle a pris peur en 2003 quand le parlementaire, qu'elle n'a pas revu depuis des années, a tenté de reprendre contact avec elle, a-t-elle raconté aux enquêteurs. Elle a alors décidé de porter plainte et, la même année, le bureau du Sénat a levé l'immunité du sénateur UMP pour qu'il puisse être entendu sous le régime de la garde à vue. Le 20 janvier 2004, Jean Faure a été mis en examen pour «viols sur mineure par personne ayant autorité et attouchements sexuels».

Deux experts missionnés par le juge d'instruction ont jugé la version de la jeune femme crédible et cohérente. Jean Faure, jugé depuis mercredi, a affirmé au contraire qu'elle aurait été poussée à porter plainte par sa mère, qui lui devait de l'argent. Il a d'ailleurs porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre son accusatrice.

A la veille de l'ouverture du procès, l'un des avocats de l'accusé avait dénoncé «un dossier où il n'y a rien, pas un élément matériel, seulement les déclarations de la partie civile». «C'est parole contre parole», avait-il estimé.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/07/01/01016-...

03/07/2009

Chroniques des villages de France : II. Blesle (Haute-Loire)

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Dans cette rubrique, nous nous proposons de faire découvrir à nos lecteurs certains des plus beaux villages de France, notamment au travers des nombreuses fêtes et manifestations qui animent la vie de ces communes tout au long de l’année. Il s’agit là d’une invitation au voyage et à la (re)découverte des richesses de notre patrimoine.

La semaine dernière, nous avons consacré la première de ces chroniques villageoises à Saint-Haon-le-Châtel (Loire [42]), l’un des plus beaux villages de France. Nous y reviendrons d’ailleurs dès que le site Internet du village http://www.st-haon-le-chatel.com/ sera achevé. Cette semaine, nous vous proposons de vous rendre dans un autre département cher à l’animateur de ce blog: la Haute-Loire (43), en Auvergne. Plus précisément aux confins nord-ouest du département, dans un village magnifique répondant au nom de Blesle. A l’instar de Saint-Haon-le-Châtel, Blesle est un site classé. Il n’est qu’à admirer la beauté du village pour se convaincre que cette distinction est amplement méritée.

Le site du village n‘évoque à aucun moment les différentes fêtes et manifestations qui animent la vie d'une telle commune tout au long de l’année. Nous nous contenterons donc d’un historique détaillé du village, de son architecture et de ses monuments.

Enfin, rappelons, à toutes fins utiles, que ces articles n’ont d’autre objet que de faire partager aux lecteurs notre amour des villages de France.

Patrick H.

Nous reproduisons ci-après des documents textuels et iconographiques publiés sur le site du village. Si les photos sont soumises à des droits d’auteur, merci de me le faire savoir à l’adresse Gmail ci-contre (aucune mention de droits d’auteur ne figurait toutefois sur le site de Blesle).

 

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Historique du village

IXe et Xe siècles : LE MONASTÈRE

Vers l’an 880, Blesle était un domaine isolé appartenant à Hermengarde, épouse de Bernard II, dit de Plantevelue, Comtesse d’Auvergne et mère de Guillaume le Pieux, fondateur de Cluny.

Après le décès de deux de ses fils, elle établit à Blesle une abbaye de bénédictines placée sous le vocable de Saint-Pierre.

Les religieuses n‘étaient point batailleuses, il leur fallait un abri et non point un repaire. La vallée où s'épanouissait Blesle était un lieu particulièrement bien choisi.

Avec l’an 1000 commencera l’essor de l’abbaye. Alors débute la série des 42 abbesses que nous connaissons et l’édification de l’Église abbatiale vouée a Saint-Pierre.


XIe, XIIe et XIIIe siècles : LES MERCŒURBlesle_3_rues.jpg

A la fin du XIe siècle, les religieuses, croyant avoir trouvé un protecteur, abandonnèrent un emplacement dans la ville, aux puissants barons de Mercœur qui étaient à Blesle les vassaux de l’abbesse, Cela ne les empêcha pas d’empiéter sans cesse sur les droits de l’abbaye, ce qui donna lieu à de nombreux conflits.

Vers 1100, ils étaient puissants à Blesle, et firent alors édifier une forteresse avec cours, jardins, écuries, qui couvraient 4200 m2. Du XIe au XIIe siècle, l’enceinte construite autour du monastère puis celle construite autour du donjon de Mercœur, renfermaient chacune une société autonome.

Blesle_4_Mercoeur.jpgDe cette forteresse il reste :
• Le donjon, dit "La Tour aux vingt angles" ;
• La fenêtre romane datée de 1125. Cette fenêtre est l’une des rares qui subsistent en France.


XIIIe siècle : LES REMPARTS

Le XIIIe siècle verra le début du développement de la cité.

Vers 1240 l’agglomération était assez considérable pour que Saint-Louis, lors de son passage à Brioude, accorde la permission de tenir des assemblées sous le nom de corps commun.

La ville fut alors entourée de murs fortifiés dont on trouve encore une courtine et quatre tours sur le Vallat et, dominant le bourg, à l’est, la tour de guet du MassadouBlesle_6_remparts.jpg

Les remparts virent passer les routiers de la guerre de Cent Ans. A l’abri de leurs murs, venaient se réfugier les habitants des faubourgs.


XIVe siècle : SAINT-MARTIN

Blesle_8_St-Martin.jpgAu XIVe siècle, vers 1335, la population avait augmenté dans une telle proportion que l’abbesse, Marguerite de Lorlanges, décida l’édification d’une seconde église, placée sous le vocable de Saint Martin, elle fut réservée au peuple.

Il n’en reste que le clocher, la chapelle Saint-Jean et quelques éléments épars dans la ville.


XVe siècle : ARCHITECTURE EN PANS DE BOIS

Tout un monde de travailleurs assurait la vraie vie matérielle de la Cité. Les marchands qui avaient droit de cité : rue Saint-Esprit, rue du Portail Neuf, place de Mazel, place de la Rodde.

Sur un fond rural important de vignerons et de laboureurs se greffa un artisanat de première valeur. C’est ainsi que nous avions à Blesle le quartier des vignerons au Merdan, le quartier des tisserands à la Bonale, des tanneurs sur le quai de Voirèze.Blesle_9_Pan.jpg

C’est de cette époque que date le début de l’architecture en pans de bois. Il reste encore 43 maisons de ce type à travers la ville.

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XVIe et XVIIe siècle : L'ÂGE D’OR DE LA CITÉ

La richesse du commerce local, la double justice, celle de la noblesse (Mercœur puis Chavagnac) et celle de l’abbaye, ne pouvaient manquer de favoriser les professions libérales : notaires, procureurs d’office, avocats, chirurgiens…

 

XVIIIe siècle : LES CHAVAGNAC

Abandonné par ses propriétaires à la fin du XVIIe siècle le château des Mercœur tombait en ruines.

Les Chavagnac, seigneurs de Chavagnac, au-dessus d’Auriac l’Église, étaient déjà établis à Blesle depuis le XIIIe siècle.

C’est à Blesle, en 1624 que naquit le fameux Gaspard de Chavagnac, l’ami du Grand Condé, qui laissa de curieuses mémoires. Pendant trois générations plusieurs des leurs s’illustrèrent sur les vaisseaux du roi.Blesle_14_Mercoeur.jpg

C’est l‘un deux, Henri Louis, chef d‘escadre des armées navales de Louis XV, qui, en 1716, acheta le château des Mercœur, en fit démolir les parties en ruines et reconstruisit une belle demeure comportant des salles boisées et richement meublées.

 

LA RÉVOLUTION

En 1792 et 1793 la période des destructions commença.

Blesle_15_Clocher.jpgCelles-ci n’épargnèrent ni l’abbaye dont les portes furent enlevées, les tours et le pont-levis démolis, le cloître, les pierres tombales des chanoinesses démontés et vendus ; ni l’Église Saint-Pierre dont le clocher fut descendu pour 50 livres, la belle table de communion enlevée pour être fondue.

L’Église Saint-Martin fut vendue comme bien national pour 9000 livres et démolie après 1808 après le déplacement du cimetière qui l’entourait. Son clocher fut sauvé grâce à l’horloge communale.

Une ordonnance d‘octobre 1792 portant que "tous les vestiges du despotisme doivent disparaître", Blesle vit Blesle_22_Panneau.jpgalors démolir ses tourelles, ses girouettes, et gratter les armoiries sculptées sur l’extérieur des demeures et de l’abbaye.

Les portes de la ville furent démolies, celle du Portail Neuf en 1808, celle du Merdan en 1822...

 

AUJOURD’HUI

Blesle reste un des plus beaux villages de France.

De gros efforts sont consentis pour lui conserver son attrait et ses caractéristiques.

Les maisons sont rénovées dans un souci de conservation du style de ce site classé.


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Les communes mentionnées dans cette rubrique ne sont en aucun cas liées à ce blog ni aux convictions politiques de son animateur

Pour en savoir plus sur ce village, rendez-vous à cette adresse : http://www.blesle.com/

[Vidéo] L’abbaye de Solesmes (Sarthe)

L'abbaye Saint-Pierre de Solesmes (Sarthe) est une abbaye bénédictine dont les origines remontent à 1010. Cependant, jusqu'en 1837, l'abbaye Saint-Pierre n'est qu'un prieuré dépendant de l'abbaye de la Couture au Mans.

L'Abbaye de Solesmes doit sa renommée internationale à Dom Guéranger, restaurateur en 1833 de la vie monastique et de l'Ordre des Bénédictins en France après la Révolution, ainsi qu'à la liturgie et au chant grégorien dont elle est un des hauts lieux.

Source : http://www.gloria.tv/?media=28712


02/07/2009

Charles Maurras : Votre bel Aujourd’hui, par Pierre Pujo

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En mars 1952, Charles Maurras était emprisonné depuis sept ans et demi à la suite de sa condamnation pour avoir soutenu le maréchal Pétain sous l’Occupation. Malade. il avait été transféré de la maison centrale de Clairvaux à l’hôpital de Troyes et il allait bénéficier d’une grâce médicale accordée par le président de la République d’alors, le socialiste Vincent Auriol. À peine libéré et assigné à résidence à Saint-Symphorien-lès-Tours, il adressait à ce dernier une lettre où il estimait qu’ayant été emprisonné injustement, sa liberté lui était due et où il demandait la tête de François de Menthon, garde des Sceaux de l’Épuration, qui avait couvert les milliers d’exactions et de condamnations iniques qui avaient accompagné la libération du territoire. Cette lettre – qui prouvait que Maurras, malgré son âge (84 ans) n’avait rien perdu de sa pugnacité, fit grand bruit, au point de provoquer l’interpellation du gouvernement à l’Assemblée nationale le jour du Vendredi-Saint !  Mais Maurras ne fut pas remis en prison...

Un ton pédagogique

Votre Bel Aujourd’hui est une autre lettre –  une « lettre fleuve » de cinq cents pages – adressée par le maître de l’Action française à Vincent Auriol. Elle est une réponse à un ouvrage écrit par celui-ci en 1943 : Hier-Demain qui se voulait une analyse des événements ayant conduit au désastre militaire de 1940 et une présentation de projets pour l’après-guerre.

Maurras s’empare de l’ouvrage qui, sans lui, serait bien oublié aujourd’hui, le décortique et le réfute point par point. Le ton n’est pas agressif, bien que vigoureux. Il serait plutôt pédagogue. Maurras démontre à Auriol l’inconsistance et la malfaisance des “nuées” que ses amis politiques et lui ont professées et quels malheurs elles ont attirés sur la France. Convaincu que parvenu au sommet de l’État, Vincent Auriol perçoit mieux les hautes nécessités nationales, Maurras l’incite à préparer l’accession du Comte de Paris au pouvoir en se faisant le restaurateur de la monarchie. La plume de Maurras est animée d’une telle flamme, d’une telle force de conviction que cette conclusion n’a rien d’incongru et s’impose naturellement.

Achevé d’écrire en avril 1950 à Clairvaux, Votre Bel Aujourd’hui ne fut publié qu’en 1953 après la mort de Maurras. L’ouvrage a le caractère d’un testament politique à plusieurs titres. D’abord il est nourri par l’immense culture de son auteur et l’expérience de toute sa vie politique. D’où une foule de références qui éclairent le propos de Maurras. Ensuite, celui-ci y développe les thèmes essentiels de sa pensée. Enfin, l’ouvrage est une illustration de la méthode intellectuelle de l’auteur : l’empirisme organisateur. Maurras écrit (p. 182) : « ...Je ne veux être ici que le greffier des choses ». Il laisse parler les événements ou plutôt, il tire des événements les vérités qu’ils contiennent, en pratiquant une induction rigoureuse.

De solides vérités

On ne peut rapporter toutes les solides vérités contenues dans cet ouvrage. Évoquons-en quelques-unes. Ainsi Maurras écrit-il, après Joseph Calmette, que la République a accordé « plus d’attention aux remous intérieurs qu’à la situation extérieure ». D’où les déboires de sa politique dont la France a fait les frais.

Signalons aussi le refus du principe des nationalités et de l’égalité des nations. Le nationalitarisme revendicateur et agressif de certains peuples ne doit pas être confondu avec le nationalisme français, essentiellement défensif. C’est pourquoi en 2005, ajouterons-nous, l’Europe des États doit être préférée à “L’Europe des nations”.

Ou encore : « L’histoire de nos rois avère deux choses. En monarchie, l’institution est encore plus importante que la personne du monarque bien que celle-ci passe tout. Et puis, dans cette longue liste de personnages royaux, si divers, il y eut de grands rois, de très grands rois, qui avaient été des dauphins discutés comme Louis XI, ou des “Monsieurs” aussi douteux que le futur Louis XVIII, frère médiocre, beau-frère regrettable envers Louis XVI et Marie-Antoinette. Il s’est rangé depuis dans les Pères de la Patrie : La prétendance n’est pas le règne. La monarchie est bien, comme on l’a dit, un état

d’esprit, mais cet esprit royal procède de ce qu’on peut appeler géométriquement sa position ». Ce point est essentiel. L’homme le plus intelligent, le plus dévoué à l’intérêt public serait-il placé au sommet de l’État, il ne pourra réaliser une œuvre durable et efficace s’il ne dispose que d’un pouvoir éphémère et controversé.

Les deux cent vingt premières pages de Votre Bel Aujourd’hui sont consacrées à dénoncer la malfaisance de l’Idée révolutionnaire et à stigmatiser la légèreté des hommes qui l’ont incarnée. À la patrie idéologique chère aux socialistes, Maurras oppose la patrie concrète et il montre comment les intérêts de celle-ci ont été sacrifiés à l’idéologie démocratique. Ainsi sont survenues la catastrophe de 1940, puis la révolution de 1944. Maurras met le doigt sur les crimes de l’Épuration et les gabegies des débuts de la IVe République. Le “Demain” prophétisé par Vincent Auriol s’avère désastreux sur le plan moral, politique, social, économique.

Les Biens publics de la France

Dans la dernière partie de son ouvrage, Maurras met en évidence les quatre « Biens publics de la France » dont il démontre qu’à l’avenir ils ne pourront être assurés que par la monarchie : 1) la sauvegarde de l’indépendance nationale : l’État non envahi. 2) la restitution au peuple de ses libertés au sein d’un État organique. Il n’y a pas de contradiction foncière entre l’État et les “États” c’est-à-dire les libertés locales, régionales, professionnelles, si leurs domaines respectifs sont définis. 3) La Justice, dont tant de bons Français, victimes du terrorisme – sous le masque de la Résistance – et de l’Épuration ont été privés au cours d’une guerre civile dont la France subit encore les séquelles. Hélas, il n’y a pas eu de roi pour promouvoir la réconciliation nationale. 4) La concorde entre les citoyens. Maurras le répète : « Les nations sont des amitiés ». Il faut rejeter la haine entre les classes.